Syndicat Unitaire et Pluraliste du Personnel de Thales Optronique sas

2001
Par un élan ils se sont rassemblés.
2001
Ils se sont unis.
2001
Ils se sont faits entendre.
2001
Trés fortement même.
2016
La révolte gronde.
2016
Et vous le feriez-vous maintenant

2001-2016  SUPPer Tosa fête, ses 15 ans.

Une curieuse impression de se faire mener en bateau

Dans le cadre des Négociations Annuelles Obligatoires, la Direction démontre chaque année une grande créativité dans son argumentation. La décennie passée a été marquée par les indicateurs économiques où tous les ans survenait une nouvelle raison de s’inquiéter de l’avenir. Cette apparente volonté de prudence s’est traduite pour les salariés TOSA par de la « modération salariale », c’est-à-dire un budget « augmentation générale + augmentation individuelle » situé entre 1.6% (mini 2011) et 3.25% (maxi 2009).

Quand, après 2014, tous les indicateurs économiques TOSA passèrent enfin au vert, la Direction trouva une raison externe pour poursuivre la modération salariale : les pertes (surestimées) de DCNS, détenu à 35% par Thales ! Et là, même la part variable en a pris un gros coup.

C’est à se demander si une malédiction ne planerait pas sur la politique salariale, d’autant qu’au même moment l’action Thales atteignait des sommets et les dividendes se maintenaient à leur plus haut niveau historique. L’arrivée de plusieurs gros contrats, comme le Rafale export (Egypte et Qatar) n’y changeait rien, c’était encore aux salariés de se serrer la ceinture.

C’est alors que débutèrent les NAO 2016 dans un ciel économique parfaitement bleu avec tous les indicateurs au vert et la garantie d’une activité soutenue pour plus de 4 ans. Bref, toutes les conditions sont réunies pour revendiquer la fin de la modération salariale et passer à la reconnaissance salariale… Oui, mais la Direction avait une nouvelle idée : elle se serait aperçue que nous, les salariés de TOSA, viendrions travailler par passion, sous-entendant que l’argent ne serait pour nous tous qu’une motivation secondaire qu’elle pourrait tout-à-fait négliger.

Cette manière d’appréhender le sujet serait appropriée aux membres d’une association « loi 1901 », mais nous doutons quelle puisse vraiment s’appliquer aux salariés d’un groupe coté en bourse comme Thales. C’est pourquoi nous considérons que l’heure est plus que jamais à la reconnaissance salariale. C’est d’ailleurs l’opinion qui se dégage clairement de notre enquête du 4 février (voir ci-après).

 Résultats de l’enquête du 4 février : +6% pour la motivation

« A partir de quel seuil le budget global NAO devient-il acceptable pour votre motivation ? »

Vous avez été 206 à répondre le 4 février à la question et nous vous en remercions. La réponse la plus fréquente est 5% et la moyenne s’établit à 5.94%. Faudrait-il prendre cela pour un délire collectif sur la politique salariale 2016 ? Nous ne le pensons pas car même une représentante de la Direction nous a confié qu’à titre personnel un budget de 7% lui conviendrait très bien. Faut-il en déduire qu’un accord serait possible entre syndicats et Direction autour de ce budget ?

 

La priorité n°1 : s’abstenir de signer le PV de désaccord

La première chose qui pourrait clôturer définitivement les NAO serait la signature du Procès Verbal de désaccord que la Direction propose aux Organisations Syndicales. En effet, le droit français permet que la signature d’un tel PV par une seule OS (même minoritaire) entraîne la fin des négociations et entérine de facto les dernières mesures de la Direction. Dans les faits, il s’agit bien plus d’un acte de renonciation que d’une protestation officielle contre la politique salariale de la Direction puisqu’après avoir claqué la porte, celle-ci reste fermée jusqu’à l’année suivante.

 

La priorité n°2 : poursuivre la mobilisation

Voici quelques exemples récents de mobilisations à Thales qui ont débouché sur des avancées sociales. Elles démontrent que quand on revendique, le nombre de salariés est un facteur aussi important que la détermination et la ténacité. Tous les exemples évoqués ici ont impliqué moins de 100 personnes. Imaginez ce qui devient possible à 300, à 500 personnes ou plus ! Quand la cause est juste, l’important est de garder le moral et la confiance en soi. Ne sous-estimez jamais vos capacités si vous visez le succès.

 

Début 2015 TOSA : les jeunes embauchés

En 2015 à TOSA, la mobilisation de plusieurs dizaines de jeunes embauchés à travers une pétition et une lettre à la Direction de TOSA débouche en 2016 sur un budget spécifique pour les moins de 30 ans. S’il est largement sous-dimensionné pour l’instant, ce budget symbolique constitue néanmoins une authentique conquête sociale.

Fin 2015 – début 2016 TOSA : la prime d’incommodité

Une action lancée par la CGT avec le soutien de SUPPer a conduit à la mobilisation de plusieurs dizaines de salariés des salles blanches, salles laser, salles d’intégration Damoclès et d’ailleurs... Après 2 à 3 semaines de débrayages quotidiens et une visite impromptue au bureau de Jean-Pascal ARROU-VIGNOD pour lui remettre une lettre ouverte, une note de service a été émise par le DRH pour mettre en place des primes mensuelles d’incommodité (40€) et incommodité partielle (25€). Une centaine de salariés environ peuvent y prétendre.

En 2016 Thales TRIXELL (MOIRANS, 38) : sur les NAO

Les grèves et débrayages ont permis de porter le budget AG+AI des mensuels à 2.5% (hors budgets spécifiques), soit +0.2 point au-dessus de TCS, TSA et TOSA et de décrocher une prime de 800 € pour tous, cadres et mensuels.

 

Prises de commandes TOSA en 2015 : proches du milliard !

Avec 4 contrats de plus de 100 M€ totalisant 605 M€, le carnet de commande de TOSA à fin 2015 bondit à 1611 M€, l’équivalent de 4 ans de chiffre d’affaire ! Les commandes de moins de 100 M€, en quelques sortes le fond de roulement de TOSA, progressent elles aussi et atteignent 356 M€, ce qui démontre la diversité de notre clientèle. Rien à redire !

TOSA confirme son rôle de moteur de la « Business Line Optronique et Electronique de Missile » et signe quelques-unes des meilleures performances de Thales.

 Principaux indicateurs économiques TOSA en 2015

  • Chiffre d'affaire : record ! Il atteint 422 M€ (394 M€ en 2014). C’est la 5e année d’affilée que l’activité de TOSA progresse régulièrement.
  • Prise de commandes : record ! Elles s’élèvent à 961 M€ (501 M€ en 2013). Même sans compter le Rafale export (320 M€), TOSA dépasse son ancien record de près de 140 M€ ! La croissance de TOSA dépasse celle du marché de l’optronique. Nous gagnons donc des parts de marché.
  • Bénéfices : 2e meilleure performance ! L’EBIT (bénéfice avant impôts) serait près du record de 2014 (52 M€) ! Nous attendons les chiffres définitifs pour 2015 mais d’ores et déjà TOSA confirme une rentabilité dite « à deux chiffres » (supérieure à 10% du chiffre d’affaires). C’est un très bon résultat !

 

A TOSA on est de plus en plus rentables...

En 2014, le bénéfice avant impôts (EBIT) par personne travaillant à TOSA (ETP) s’élevait à 35000 € ! En période de forte variation de l’effectif, cette donnée permet de rendre compte du niveau très élevé de rentabilité en moyenne par personne. Le graphique ci-contre montre l’évolution du bénéfice par personne (EBIT/ETP) ainsi que l’évolution du chiffre d’affaire par personne (CA/ETP) en prenant pour 2015 un bénéfice à 45 M€ (à confirmer). On voit alors que si un salarié TOSA ne produit pas plus que dans le passé, son travail est de plus en plus rentable. C’est le principe vertueux du « moins mais mieux ».

...mais la politique salariale ne suit pas

Le graphique ci-contre montre l’évolution de la politique salariale (AG+AI*) appliquée à TOSA l’année N+1 en fonction des bénéfices (EBIT) réalisés l’année N. Les budgets spécifiques (promotions et égalité F/H pour un total de 0.3%) ont été retirés pour clarifier la lecture car ils ne concernent qu’une minorité de salariés.

A partir de l’exercice 2013 les augmentations suivent une tendance inverse aux bénéfices. Quand les bénéfices montent, les augmentations sont plus faibles et réciproquement. Etonnamment, en dépit de performances brillantes dans un pays en proie à la morosité économique, TOSA a versé en 2015 des augmentations 0.6 point en-dessous de la moyenne nationale mesurée par le cabinet Deloitte !

(*) Augmentation individuelle + augmentation générale

 

En résumé

Sur la politique salariale 2016 la Direction de TOSA n’a plus d’arguments sérieux à faire valoir.

  • L’an dernier, malgré des performances excellentes, les augmentations n’ont même pas atteint la moyenne nationale (2.6%) alors qu’on nous dit que l’économie française ne va pas fort.
  • La politique salariale de TOSA suit pour la 3 e année consécutive une tendance inverse aux performances : plus nous sommes bons, moins nous sommes considérés.
  • Les salariés demandent autour de 6% de budget global pour la politique salariale, loin au-dessus des propositions de la Direction.
  • Au cours des 12 derniers mois, une centaine de salariés a réussi quelques avancées sociales alors qu’en théorie leur nombre serait incapable de faire pression efficacement sur la Direction.

 

Quatre lois pour attirer le succès

  • « Attendre sa chance est vain, la tenter ne suffit pas. Il faut la forcer ! » Paul Carvel
  • « Ceux qui luttent ne sont pas sûrs de gagner, mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu » Bertold Brecht
  • « On ne peut s’appuyer que sur ce qui résiste » Talleyrand
  • « La seule chance que vous avez est celle que vous vous créez. » Pierre Bellehumeur

 

Maintenant, la mobilisation doit reprendre

Cette année, toutes les conditions sont réunies pour revendiquer une véritable ambition sur la rémunération (salaires, primes…etc). Pour saisir cette chance et soutenir les organisations syndicales pour une meilleure reconnaissance de vos performances, commencez par signer la pétition intersyndicale et continuez de répondre présents à chaque appel à la mobilisation ! Plus nous sommes nombreux, plus le succès se rapproche et la Direction n’est pas aussi rigide qu’elle s’en donne l’air.

A TOSA comme au siège de Thales, la Direction fonctionne à la pression alors faisons-là monter un peu plus, elle en a besoin !

 

 

© SUPPer Tosa 2016